« On nous traite comme des esclaves »

Article rédigé par J. Baptiste MUBARIBARI, journaliste d’Imboneza News en formation au CFM

Les filles de ménage du quartier Kinanira II se plaignent contre leurs employeurs en les accusant de mauvais traitement alors que l´argent qu´elles touchent mensuellement n´est pas suffisant. Suivez mon regard… Kinanira II, est l`un des quartiers « Chic » de Bujumbura, abritant les patrons, les hautes personnalités, où on trouve les belles voitures, belles maisons,… Et pourtant les problèmes liés aux salaires entre ces filles de ménage « Abayaya » et leurs patrons se font entendre dans la rue.

Les familles possédant des petits enfants ont besoins de filles de ménage pour rester avec les enfants pendant que leurs parents sont au travail. Prendre soin des enfants reste une mission principale des ces filles de ménage. Les intéressées estiment que cette tâche qui n’est pas facile est rémunérée avec un salaire moindre. «Mon salaire était de 20 mille francs il y a trois ans.

Jusqu´a aujourd´hui aucune augmentation n’a été faite, alors que je garde deux petits jumeaux tout en faisant la lessive de leurs habits ainsi que ceux de parents », nous confie Claudette Ndayisaba, jeune fille de 19 ans. « On me traite comme une esclave et pourtant, je suis venue travailler ici croyant avoir trouvé une famille qui me traiterait bien : sans m´injurier ou me gifler tout le temps… », a-t-elle ajouté. Mlle Consolate Nibizi, 16 ans révolus, est aussi fille de ménage. Elle garde l´enfant d´un haut officier militaire dont la femme est une directrice d´une des écoles privées de la Capitale. Elle travaille depuis une année dans cette famille sans rien se reprocher. Elle dit être maltraitée. «Quand ma patronne rentre du travail, elle me donne des gifles sous prétexte que les habits de son enfant ne sont pas lavés, sans toutefois tenir compte du problème de l´eau, au lieu de s´adresser au domestique (umuboyi) chargé de puiser l’eau. Les reproches tombent toujours à moi », s´indigne-t-elle, les larmes aux yeux. Elle se demande souvent si leurs patronnes reconnaissent leurs services. « Nous nous sacrifions pour leurs enfants juste pour quelques billets et ils refusent d´augmenter nos salaires (…) Je touche 20t mille francs par mois. C´est peu ! » Poursuit- elle. Toutefois, les patronnes ne sont pas du même avis que leurs domestiques. Elles mettent en tord les filles de ménage tout en niant les accusations portées contre elles. « Nous exigeons que les filles de ménage accomplissent leur contrat comme convenu et nous avons confiance en elles car elle restent avec nos enfants beaucoup plus de temps que nous, les parents», affirme Mme Antoinette Nahimana, une patronne. Il faut noter que la loi burundaise reste muette sur ce genre de travail.

Photo CFM

 

Publicités

Le phénomène de mendicité est une réalité dans la ville de Bujumbura

Article rédigé par Jean Bosco Bucumi

Journaliste du sénat en formation eu CFM

Se sentant affaiblie par la vieillesse et par la solitude au sein de son petit ménage, elle a opté de s’asseoir, jour après jour, au bord du sentier situé non loin du boulevard menant vers la Cathédrale Regina Mundi. Sous l’ombre d’un arbre, la main tendue à quiconque passe auprès d’elle en disant d’une voix légère « Mfasha bavyeyi » (aide-moi parent).Elle, c’est Chantal NURWEZE, une veuve d’une soixantaine d’années.

Photo CFM

Chantal habite le quartier Buterere, environ 8 km de la Capitale Bujumbura. Chaque matin, elle se déplace pour se présenter à son « poste ». Comment s’arrange-t-elle pour y arriver ?  « Des chauffeurs généreux m’emmènent gratuitement et c’est de même pour le retour a la maison. Des fois je paie, mais les chauffeurs refusent mon argent… », précise-t-elle. Et d’ajouter qu’elle habite seule dans une maison que les bienfaiteurs lui ont construite.

Anne Marie Kwizera, elle aussi est mendiante. Elle habite Kinama, également environ 8 km de Bujumbura. Elle paie son transport en commun chaque matin pour venir dans la Capitale exercer son « métier ». « Comme mon mari m’a laissée seule dans la maison depuis plus d’une année, sans que je sache où il serait allé, je dois trimer seule pour assurer les besoins primaires pour mes deux jumeaux et pour moi. Et pour le moment je n’ai d’autre choix que de mendier… », nous confie-t-elle.

La réaction du pouvoir public

A part ces deux cas illustratifs, l’on rencontre beaucoup de mendiants dans les quatre coins de la Capitale burundaise. Et le phénomène ne fait que grandir. M. Gordien Nduwayo, Commandant en second de l’Unité de police chargée de la sécurité au Marché Central de Bujumbura ne mâche pas ses mots. « Certains des mendiants du marché central de Bujumbura emprunteraient des enfants à d’autres ménages pour attirer la compassion des gens plus nanties pour leur soutirer quelques sous ». Pour lui, il s’agit d’une délinquance pure et simple qu’il faut décourager. «Quelques fois ceux qui sont surpris en train de faire cette sale besogne, nous les chassons immédiatement et les décourageons de revenir ici. C’est pourquoi vous trouvez des personnes mendiantes allant en nombre décroissant ici au marché central », nous a-t-il confié. 

 Quant au Directeur Général de la solidarité nationale au Ministère de la solidarité nationale, des droits de la personne humaine et du genre, Monsieur Joseph Ndayisenga, estime bon nombre de de mendiants de diverses catégories sociales sont des infirmes. Ce nombre qui aurait augmenté ces derniers jours dans cette ville suite à la situation de crise sociale qui a frappé le Burundi durant plus de 10 ans. De surcroît, le nombre de gens animés de la bonne foi d’aider les pauvres aurait diminué ici au Burundi par rapport à la période d’avant la crise.

Pour y faire face, « Un plan sectoriel visant la réintégration sociale de ces nécessiteux est en cours d’exécution au niveau du territoire national ». Parmi les sous projets qui sous-tendent ce plan, le Directeur Général cite : le projet de scolarisation et de formation des enfants de la rue en métiers divers ; le projet de prévention et de lutte contre la perpétuation du problème de mendicité par l’appui matériel aux familles démunies, la sensibilisation à la responsabilisation des chefs de ménages et le planning familial, etc. ; la sensibilisation des déplacés à retourner sur leurs collines d’origine ; inciter les citoyens à travailler en associations surtout pour susciter l’esprit d’entraide mutuelle dans leur vécu quotidien.

La solidarité de tout un chacun est nécessaire pour faire face à ce phénomène indigne à la culture burundaise.

Posted par Gabriel NIkundana

Des exploitants du sable et moellons menacent l’environnement à Ntahangwa

Dans le cadre des formations qu’offre le CFM, des journalistes sont appelés à produire des articles et des reportages. Cela permet aux formateurs de voir comment  la théorie apprise est mise en pratique. Nous ouvrons une série de publications des articles dans le cadre des formations techniques en presse écrite couplée avec  celle du cours  « option presse écrite » au cours de ce mois de novembre 2012.

Plusieurs personnes extraient du sable et des moellons dans la rivière Ntahangwa. Des constructions sont aussi proches de cette rivière. Des défenseurs de l’environnement montent au créneau. Le directeur général de l’urbanisme promet des sanctions.

« La rivière Ntahangwa est menacée par ceux qui exploitent le sable et les moellons », déplore un habitant de Buyenzi proche des lieux. Plusieurs personnes grouillent dans cette rivière qui se déverse dans le Lac Tanganyika. Sous une fine pluie, certains s’activent à collecter les moellons, d’autres font des tas de sable. Aucune femme dans la rivière, mais des hommes seulement font l’activité. Bêches et des houes dans les mains et les habits des travailleurs sont mis à côté pour les porter dans l’après-midi en rentrant chez eux. Ils sont en tenues déchirées, habits appropriés à cette exploitation. Ils sont au milieu de la rivière, en train de creuser et ne permettent pas aux journalistes de prendre des images. Pour prendre quelques clichés, il faut se placer loin.

Ces exploitants affirment qu’ils participent à l’entretien de la rivière Ntahangwa. « L’exploitation du sable et des moellons empêche la rivière de déborder et de causer des dégâts », indiquent-ils sous couvert d’anonymat. Néanmoins, ils se gardent de tout autre commentaire et ne donnent aucune réponse à d’autres questions. 

Des camions sont chargés tout le long de la journée. Ils font plusieurs tours. «Tous ces moellons et sable sont utilisés dans différentes constructions », lance l’un des exploitants, en s’essuyant la sueur sur son visage. Les rives de Ntahangwa sont dangereuses car, plus on extrait les grandes pierres, plus la rivière s’enfonce progressivement en grignotant sur ces rives. Le pont de cette rivière et des maisons construites tout au long de Ntahangwa, à plus au moins 20 mètres se fissurent déjà. « Ils peuvent s’écrouler d’un moment à l’autre », constate un sexagénaire présent sur place. « Le lit de cette rivière devrait être protégé par une zone tampon », précise un spécialiste en environnement, qui requiert d’anonymat.

 Les normes environnementales ne sont pas respectées

Dieudonné Bizimana, coordonateur national de l’Association Burundaise pour la Protection des Oiseaux (ABO) s’insurge contre cette exploitation des ressources naturelles. Toutefois, il reconnaît qu’elle n’est pas mauvaise en soi : « En nous basant sur le suivi régulier que nous faisons sur cette rivière, Ntahangwa a quelquefois besoin d’être exploitée.» Néanmoins, rappelle-t-il, « les exploitants ne respectent pas les normes environnementales ». Pour lui, le code de l’eau précise que qu’aucune activité n’est prévue en marge de 50 mètres dans les rivières et à 100 mètres dans le Lac Tanganyika. Selon lui, ce manque de respect des normes cause la perturbation de la biodiversité. En outre, Dieudonné Bizimana  fait remarquer que cela augmente les risques de catastrophes naturelles comme les inondations causant les éboulements de la rivière Ntahangwa. Le coordonateur national de l’ABO propose une plate-forme de tous les concernés pour discuter des voies et moyens de l’exploitation durable des ressources naturelles en respectant les normes environnementales.

Des mesures seront prises

Nous n’avons pas pu joindre le Directeur Général de l’environnement. Pourtant, Jean Bosco Nsabumuremyi, Directeur Général de l’urbanisme promet des sanctions. « Nous avons mis en place une commission chargée de faire l’inventaire des constructions le long du Lac et de la rivière Ntahangwa, mais le rapport n’a pas encore été produit », précise-t-il. Et d’ajouter que s’il s’avère nécessaire, des mesures, même radicales, pourront être prises si c’est dans l’intérêt de tous. « Nous avons déjà démoli des constructions dans ce sens », souligne le directeur général de l’urbanisme. Dans le même sens de protéger l’environnement, il indique qu’une approche est en cours sur un consensus pour protéger les berges de la rivière Ntahangwa.

Cependant, si une parcelle a été octroyée, documents à l’appui, cela n’a rien d’illégal: « Si une étude d’impact environnemental est bien menée, une certaine distance peut être respectée dans l’octroi des parcelles par rapport au Lac, en se rassurant de la stabilité des constructions. »

 M. Jean Bosco Nsabumuremyi précise par exemple qu’à Mombassa, les constructions bordent l’océan : « Et pourtant, nous avons le même objectif de développement (…)  Malheureusement, poursuit-il, certains individus s’engouffrent dans des projets  de l’urbanisme ». toutefois, il espère que les gens vont se conformer à la loi au lieu de faire recours aux sanctions.

Photo CFM

 Dieudonné Hakizimana.

Journaliste du journal Iwacu en formation.

Publié dans CFM

A la messe (Toussaint) ou à la formation ?

A la formation, c’est la  réponse que tout le monde a donné. La question avait été posée le soir de ce mercredi 31 octobre 2012  à l’ensemble des stagiaires présent  au Centre de Formation des Médias. Les secrétaires de rédactions en formation au Centre de Formation des Médias ont continué à travailler pendant la fête de la Toussaint. Ils sont presque à la fin de la formation mais veulent profiter au maximum de la présence du formateur international Jean François Pollet. «  Nous souhaitons que cette formation soit aussi donnée aux journalistes reporter. Nous revenons souvent sur des fautes qu’ils commettent  au quotidien » explique Guibert Mbonimpa , secrétaire de rédaction  du journal Iwacu.

Secrétaires de rédaction en pleine formation dans le cadre de l’InfoSud

Si d’autres journalistes de la presse écrite bénéficiaient de la même formation, le secrétaire de rédaction ne perdrait pas assez de temps à revoir les articles, tout le monde y trouverait compte et le travail avancerait rapidement, renchérit Donatien Nsabiyumva du journal Ubumwe.

Les secrétaires de rédaction retenus sont des niveaux contrastés dans la manière de travailler. Certains publient en Kirundi, d’autres en français et en kirundi. Il y a ceux qui   publient sur les supports électroniques. Le formateur s’adapte à cette situation.

« J’essaie de donner une théorie pour tout le monde. Après je fais un tête à tête avec chaque journaliste en nous focalisant sur les productions de son journal » explique Jean François Pollet.

Cette formation est organisée par l’agence InfoSud en collaboration avec la maison de la presse du Burundi.

Des virus ralentissent la formation……

Encore des pannes inexpliquées dans la salle informatique de la Maison de la Presse!Au départ, le CFM avait installé le logiciel Indesign dans six ordinateurs  pour la formation des techniciens de la presse écrite. Et voilà que dans l’après midi du 31 octobre 2012, deux de six ordinateurs se bloquent ! Tard vers la fin de la journée, deux autres machines cessent de fonctionner. Que faire ? Deux machines et six techniciens ! L’informaticien de la Maison de la Presse essaie de réparer les machines jusque tard de ce mercredi 31 octobre mais sans succès.

 Il devient alors difficile à la formatrice de travailler sur deux machines avec six techniciens. En concertation avec la formatrice Stéphanie Hamelin, les techniciens sont répartis en deux groupes. Le premier constitué de Manirakiza Oscar, Christine Nahimana et Benoît Ngendakumana travaillent avec la formatrice ce premier novembre dans l’avant midi.les voici à l’oeuvre.

Stépahanie Hamelin en formation avec le premier groupe de trois graphistes.Ils travaillent l’avant midi de ce premier novembre.

Le second groupe est attendu au cours de cet après midi.  Il est grand temps que la Maison de la Presse stabilise son parc informatique.

Des techniciens de la presse écrite ensemble avec les rédacteurs pour produire un magazine…

 
Pendant deux jours, ils étaient au nombre de 13 au total à s’assoir au tour de deux formateurs Jean Pierre Uwimana et Stéphanie Hamelin. D’abord  les journalistes de la première session ont  présenté à toute l’équipe des formateurs et des techniciens de la presse écrite les reportages déjà faits lors du précédent atelier.  8 articles avaient été produits et corrigés. Certains sont déjà sur le blog du CFM. Jean Pierre Uwimana ensuite  animé  la conférence de rédaction pour décider de l’arrangement des sujets en rubriques  et surtout quel article qu’ils mettront en une du magazine. Ensuite, il a passé le relais à la formatrice graphiste Stéphanie Hamelin pour expliquer aux stagiaires comment les choses se font techniquement.

Des techniciens de la presse écrite et des journalistes au tour des formateurs pour la confection d’une maquette.