Le CFM organise bientôt la formation des managers des médias burundais.

responsables des médias burundais à MuramvyaDu 16 au 17 mai, la Maison de la Presse du Burundi en collaboration avec le CFM a organisé un atelier  collectif de ressourcement et d’échange sur les obstacles à l’émergence de véritables entreprises de presse au Burundi. Une trentaine de responsables de médias audiovisuels  et de la presse écrite ont répondu présents à cette rencontre.

Les échanges se sont appuyés sur une étude supervisée par la Maison de la Presse  établissant l’état des lieux du paysage médiatique burundais. Au cours de l’atelier, les participants ont dressé l’état des lieux des médias Burundais en inventoriant les problèmes qui empêchent à ces derniers de pouvoir se constituer en de véritables entreprises de presse. La plupart des responsables des médias ont fait savoir qu’il serait souhaitable de se regrouper ensemble pour être beaucoup plus efficaces et surtout mettre ensemble le peu de moyens dont disposent les médis indépendants.

A cette occasion, il a été porté à la connaissance des participants un programme de renforcement de capacité de 10 organes de presse qui vont être sélectionnés sur base de projets innovants et réalisables. Vous trouverez sur le même blog l’appel à manifestations d’intérêts pour cet appui que propose le CFM aux responsables de médias.

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Le CFM se prépare à la formation de repsonsables de médias en management.

APPEL A MANIFESTATION D’INTERETS

APPUI MANAGERIAL DES MEDIAS

Dans le cadre du PACAM 2, les opérateurs Institut Panos Paris et La Benevolencija en collaboration avec la Maison de la Presse du Burundi et du Centre de Formation des Médias (CFM) mettent en place les activités de soutien managérial aux médias.

Dans un contexte de concurrence médiatique accrue, subissant les aléas de la conjoncture économique et en prévision d’un retrait progressif des bailleurs de fonds, les médias burundais doivent absolument renforcer leur management pour :
• Positionner stratégiquement leur projet média, tant sur le plan technique qu’éditorial ;
• proposer un/des ‘produit(s)’ novateur(s) et en évolution constante ;
Ce processus de professionnalisation passe par un accompagnement étroit, structuré et logique des équipes managériales. Il garantit une offre de formation ambitieuse et sélective afin de tirer vers le haut le paysage médiatique burundais. Il permet aux directeurs de :
• Bénéficier d’un accompagnement professionnel dans la durée pour développer et faire progresser leur projet média ;
• Bénéficier de l’expérience et de la vision d’autres entreprises de presse en Afrique et en Europe.
Cet appel à manifestation d’intérêt est lancé et elle est ouverte à tous les médias Burundais qui devront présenter un projet d’entreprise avec des objectifs à atteindre à court, moyen ou long terme.

Termes de référence de l’appel à manifestation d’intérêt

I. Contexte et justification

Le processus de démocratisation amorcé au début des années 1990 a débouché sur l’avènement d’un système pluraliste qui, à son tour, a accouché de la libéralisation de l’information, qui est la base d’une véritable démocratie. Jusque là, la liberté de la presse n’avait pas pu dépasser le stade de simples vœux pieux en dépit de son inscription dans toutes les Constitutions, que le pays s’est donné depuis l’Indépendance. En matière de presse audiovisuelle, le Décret loi n° 1/14 du 28 février 1977 avait consacré le monopole de l’Etat dans le domaine de la radiodiffusion. Dans le domaine de la presse écrite, une seule publication privée, le journal catholique Ndongozi, coexistait avec deux titres appartenant au Gouvernement, à savoir le Renouveau du Burundi et le journal Ubumwe.

Depuis une quinzaine d’années, la presse audiovisuelle a connu un développement incontestable puisqu’au moins 15 radiodiffusions privées sont venues s’ajouter à la Radiodiffusion nationale du Burundi, chaine gouvernementale. Dans ce secteur, il faut également mentionner la naissance de 6 chaines de télévision qui sont venues s’ajouter à la Télévision nationale du Burundi, aux mains du Gouvernement Ces medias sont cependant portés dans leur quasi-totalité à bout de bras soit par le Gouvernement pour ceux qui lui appartiennent, soit par des bailleurs extérieurs pour la presse privée, aucun d’entre eux parvenant à fonctionner avec ses recettes propres.

La presse écrite a connu un sort différent. A partir de l’année 1993, on a assisté à une véritable floraison de journaux puisque plus de 60 titres ont été autorisés à paraitre ou ont fait une déclaration à cet effet auprès de l’organe compétent, à savoir le CNC. Mais aujourd’hui, seuls six titres paraissent avec une certaine régularité : il s’agit des journaux Ndongozi, le Renouveau et Ubumwe déjà cités auxquels il faut ajouter trois titres privés, Net Press, Arc-en-Ciel et Iwacu. Le principal dénominateur commun de ces publications est leur tirage confidentiel puisqu’ à part Ndongozi, aucun entre eux n’atteint deux mille cinq cents exemplaires, dans un pays de huit millions d’habitants. Il faut aussi signaler que Ndongozi, mise à part, les autres journaux sont distribués essentiellement dans la ville de Bujumbura.

Mais qu’il s’agisse de la presse écrite ou de la presse audiovisuelle, il est communément admis qu’elles accusent un réel déficit de management. Celui –ci commence au niveau de la conception du projet dont la dimension humaine, économique et financière n’est pas toujours prise en compte au niveau de la mise en oeuvre. Il est également de notoriété public que tous les patrons de presse, en dépit de l’étendue de leur bonne volonté, ne disposent que rarement d’outils de management de leur médias car ils ne les ont pas acquis au cours de leur formations ou de leur carrière professionnelle alors que la direction d’un média sous-entend une parfaite maîtrise des enjeux humains, technique et financiers d’une entreprise de presse. Enfin, conformément à l’adage selon lequel « qui n’avance pas recule » les patrons de presse doivent au risque de voir leurs médias stagner, régresser ou disparaître doivent s’adapter et devancer les tendances pour développer leurs médias. Qu’ils soient privés, public ou associatif, tout média doit dynamiser et renforcer son développement en recoulant à la méthode du cycle du projet.

II. Objectifs de l’action

II.1. Objectif global

Contribuer à la promotion de la liberté de la presse pour une bonne gouvernance en fournissant aux patrons de presse un accompagnement pédagogique pour assurer la pérennité et le développement de leurs entreprises.

II.2. Objectifs spécifiques

• Renforcer les compétences professionnelles des Managers de presse ;
• Identifier en commun avec le bénéficiaire de formation les actions à mener et les coûts afin d’atteindre l’objectif de développement du projet innovant pendant la durée de l’accompagnement.
• Mettre en place (en commun avec le bénéficiaire) pour la réalisation du projet proposé un accompagnement managérial, structurel, financier, programmatique, etc.
III. Méthodologie retenue

Le programme comprendra des ateliers collectifs et des séances de coaching in situ garantissant un accompagnement individuel. L’ensemble doit être perçu comme un cycle cohérent composé d’une suite logique de phases proposées aux managers.

Phase 1 : Atelier collectif de ressourcement et d’échange sur les obstacles à l’émergence de véritables entreprises de presse.
Un atelier collectif regroupant plus de 30 Directeurs des médias a été organisé à Muramvya, du 16 au 17 mai, et s’est appuyé sur une étude supervisée par la Maison de la Presse établissant l’état des lieux du paysage médiatique burundais. Au cours de l’atelier, les participants ont dressé l’état des lieux des médias Burundais en inventoriant les problèmes qui empêchent à ces derniers de pouvoir se constituer en de véritables entreprises de presse. Des propositions et recommandations à mettre en œuvre pour améliorer leur fonctionnement ont été présentées.
A cette occasion, il a été porté à la connaissance des participants un programme de renforcement de capacités de 10 organes de presse qui vont être sélectionnés sur base de projets innovants présentés et sélectionnés.

Phase 2 : Elaboration de projets
Pour bénéficier de cette action, les médias intéressés doivent exprimer leur volontariat par la présentation d’un projet au bénéfice de leur entreprise de presse ou médiatique. Une sélection des projets présentés sera faite par un jury qui tiendra compte de l’originalité du projet lié à un développement économique, de la faisabilité du projet (devis du projet à présenter).
Les opérateurs encouragent tous les médias –quelles que soient leur structure juridique et l’importance de leur entreprise- à présenter un projet et une vision de développement.
Les médias retenus bénéficieront d’une formation au CFM et devront accepter les modalités de mise en œuvre de l’accompagnement du projet, selon un cahier des charges, pouvant comprendre la réalisation d’un contrat d’objectifs à définir et à atteindre durant la période définie.

Les médias dont le projet sera retenu pour financement devront s’engager sur un contrat d’objectifs à atteindre sur une durée maximale de douze de mois, prenant fin au plus tard, le mois de juillet 2014.

L’appui aux projets retenus (10 au maximum) consistera en un accompagnement du média visant réussir son projet et à lui donner des capacités à structurer sa gestion média dans une logique d’entreprise et/ou d’une meilleure organisation interne (ressources humaines).

L’accompagnement est ouvert à tous les types de médias (radio avec couverture nationale, radio de type communautaire, télévision, journal, etc.)

Le projet à soumettre ne doit dépasser le montant de 20.000.000 de FBU . Si les projets soumis ne répondent pas aux critères fixés par le jury, on se réserve le droit de n’en financer aucun.
Phase 3 : Organisation par le CFM d’une série de formations managériale pour 10 patrons de presse

Objectif de l’activité
Renforcer les compétences professionnelles de 10 managers de presses dont les projets ont été sélectionnés en développant 2 axes : Diriger une entreprise de presse et consolider un projet média

Groupe cible : 10 directeurs de la presse écrite et audiovisuelle.

Bénéficiaires de l’activité :
L’ensemble du secteur médiatique
L’ensemble de la population burundaise

Outputs de l’activité :
10 Directeurs de la presse écrite et audiovisuelle formés

Mise en œuvre/

Diriger un média sous-entend une parfaite maîtrise des enjeux humains, éditoriaux, techniques et financiers d’une structure, qu’elle soit publique, associative ou privée.
Le programme de formation à l’intention des 10 Directeurs sélectionnés abordera bien entendu ces différentes facettes mais il se focalisera essentiellement sur la consolidation et/ou le développement d’un projet média.

Pour la finalisation de leurs projets médias, un accompagnement sera assuré par un formateur international. Pour les meilleurs projets parmi les 10 (max), il est prévu des voyages d’études et des sessions de coaching :

a) Séminaire Afrique
Les directeurs des 4 meilleurs projets médias sélectionnés parmi les 10 suivent un séminaire de travail dans un autre pays d’Afrique.
Libéré de leurs contraintes quotidiennes, les 4 directeurs
– affinent leur projet bénéficiant d’un coach international
– partagent leurs expériences de management
– visitent une sélection d’entreprises de presse du pays hôtes.

b) Session de coaching intermédiaire

De retour au Burundi, bénéficiant d’un coaching international approprié, les 10 directeurs finalisent, en équipe, leur plan de développement.

c) Séminaire Europe
Les directeurs des 2 meilleurs projets sélectionnés parmi les 4 effectuent un séjour en Europe :
– Stage au sein d’un média européen (8 jours)
– Visites d’entreprises de presse (2 jours)

IV. Modalités de candidatures

Les dossiers doivent comprendre :
– Un document de projet comprenant l’objectif visé, le budget (estimatif) nécessaire estimé, les outils et méthodes pour atteindre l’objectif. (projet écrit minimum de trois pages.)
– Une fiche technique renseignée.
– Tout document complémentaire pouvant aider le jury à analyser la candidature.
Les dossiers doivent être déposés au siège de l’IPP (Immeuble Socar, 4ème étage) sous pli fermé avec mention « Projet de développement managérial / Action 2.1 – PACAM2 »
La date limite de dépôt des dossiers de candidatures est fixée au 30 juin 2013.

Le CFM boucle bientôt la 3ème session de formation de journalistes.

La formation sur les thématiques s’est déroulée du 13 au 16 mai 2013. Huit thèmes avaient été retenus. Les experts choisis étaient à la hauteur. Laplupart sont des professeurs d’Université. Le débats le plus intéressant est celui en rapport avec le projet de loi sur la presse animée par Maître François Nyamoya. Que pense Donat Nibigira, délégué de la 3ème promotion ? Voici sa réaction après quatre jours de travail.
« En tant que stagiaire qui a suivi tous les exposés du début à la fin, je déclare que j’ai beaucoup puisé dans cette formation, une connaissance qui me servira à être plus performant dans le métier. »
Au nom des journalistes en formation et ceux à venir le délégué a tenu à préciser ceci « Merci au CFM pour cette opportunité de formation et lui demandons de voir comment poursuivre ce projet de formation pour d’autres journalistes d’autant plus que au Burundi nous sommes encore une presse qui se cherche ».
Toute l’équipe s’est donné rendez-vous mardi le 21 pour la conférence de rédaction des sujets de reportages. Ces derniers comptent pour les travaux pratiques. Tous les journalistes reviendront le 10 juin 2013 pour défendre devant le jury leurs travaux pratiques.

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Pérénnisation du CFM au Burundi. « Appel d’offre »

Appel à manifestation d’intérêt.Il s’agit de faire une étude portant sur le processus de pérennisation du Centre de formation des médias CFM.

Partage cette information avec le plus grand nombre de personnes.

1.       CONTEXTE

APERCU MEDIATIQUE

Dans son ensemble, depuis une vingtaine d’année, le secteur de la presse burundaise a bénéficié de l’appui de nombreux partenaires (bailleurs de fonds et opérateurs), ce qui en fait un secteur largement subventionné. Cet appui international répondait à une nécessité, tant les caractéristiques de la presse au Burundi décrite ci-après méritait un appui conséquent afin d’offrir au public une information professionnelle, pluraliste et indépendante.

Un paysage radiophonique pluriel

À côté d’une presse écrite quasi inexistante, la presse audiovisuelle est dominée par la radiodiffusion privée associative. Ces radios se sont développées à partir de 1995, et on peut estimer aujourd’hui à 7, le nombre de radios privées qui jouent effectivement un rôle majeur dans le paysage médiatique local : Radio Bonesha, Radio Publique Africaine (RPA), Radio Isanganiro, Radio CCIB FM, Radio Renaissance, Radio Culture et Rema FM. Ces radios privées proposent une offre de programmes diversifiée aux côtés de la radio nationale RTNB. Elles s’attèlent, chacune avec ses spécificités et ses centres d’intérêt, à promouvoir les démarches citoyennes, à renforcer la compréhension et la confiance mutuelles entre les communautés, à diffuser une information équilibrée et rigoureuse, à favoriser un dialogue entre l’administration et ses administrés, et veillent à s’ouvrir à toutes les tendances en présence pour refléter la diversité de la société.

Une liberté de la presse ancrée mais sous pression

Malgré les atteintes à la liberté de la presse auxquelles les médias sont confrontés, tout le monde est unanime pour dire que les radios jouissent d’un grand capital de confiance de la population au regard de leur ton libre et du caractère populaire de certaines émissions politiques et sociales, et du rôle joué dans la promotion des valeurs de paix et de réconciliation lors des élections de 2005 et de 2010.

Alors qu’en 2005 selon le classement de Reporters Sans Frontières, le pays était classé 90 sur 167, il a occupé la place de 125 sur 168 pays en 2006 et de 127 sur 169 en 2007 pour se situer à l’aube de cette année 2013 à la 132ème place.

Aux arrestations arbitraires du Directeur de la Radio Isanganiro, Mathias Manirakiza, et des journalistes de la RPA, Serge Nibizi et Domitille Kiramvu  en 2006, ont succédé d’autres emprisonnements en 2008, notamment celui  du Directeur de Net Press, Jean-Claude Kavumbagu. Et depuis le 28 novembre 2011, le pays et la profession sont marqués par la détention d’Hassan Ruvakuki, accusés d’actes terroristes.

Un professionnalisme en demi-teinte

Au niveau de la professionnalisation des journalistes, on constate dans l’ensemble que le Burundi dispose d’une presse professionnelle avec un certain nombre de journalistes formés grâce aux multiples ateliers de formations organisés par différents opérateurs depuis plusieurs années. C’est davantage un besoin de spécialisation des journalistes qui se fait plutôt ressentir, sans négliger la formation continue des nombreux journalistes arrivés dans le secteur sans bénéficier d’une formation initiale, capitale cependant pour maîtriser les fondamentaux du métier.

En effet, beaucoup de sensationnalisme au niveau des articles et des émissions produits et pas assez d’objectivité sont à souligner. De même, les débats politiques dans les médias sont peu professionnels, et de nombreux journalistes sont politisés ou pas assez formés.

 

Une viabilité économique précaire

Les médias au Burundi évoluent dans un environnement de pauvreté qui ne leur permet pas de générer des revenus sur la vente de leur produit. La presse écrite est atomisée et ne se limite qu’à Bujumbura. C’est grâce aux bailleurs de fonds que les radios constituant le fer de lance des médias au Burundi ont pu être créées. Ces dernières ont bénéficié de l’attention soutenue des bailleurs de fonds durant la période la plus tendue du processus de paix. La coopération belge a apporté un appui particulier important à la restructuration de la RTNB (radio télévision publique) et à la RPA; l’USAID a appuyé la radio nationale, Bonesha FM ainsi que la radio Isanganiro par le biais de l’ONG Search for Common Ground et de PADCO ; la Fondation Ford, l’Ong néerlandaise Cordaid ont également soutenu la Radio Publique Africaine (RPA). Les projets et les moyens ont donc été négociés par chaque radio individuellement par le biais de ses contacts spécifiques. Les démarches collectives, regroupant plusieurs radios, ont été rares jusqu’ici.   Le secteur des médias représente 4.400.000 $[1] : les recettes propres constituent 35% des revenus et la différence est couverte par l’Etat et par les bailleurs. Dans le sous-secteur des radios privées, la part des bailleurs atteint même 80% et la publicité vient, le cas échéant, combler le budget. Dans le secteur public, la part de l’Etat est de 55%. Cette part est proche des 100% à l’ABP. Etant dirigées par d’anciens journalistes, les radios privées consacrent une très large part de leur énergie aux contenus,  avec un manque d’intérêt parfois prononcé pour le management commercial. Seuls deux petits médias s’en sortent sans aide : le journal Arc-en ciel et l’agence de presse Net Press.

Un appui au secteur en pleine mutation

Au cours du cycle électoral de 2010 et tenant compte de l’expérience réussie de la Synergie des médias en 2005, un Plan d’Action Commun d’Appui aux Médias (PACAM) a été mis en place, concentrant tous les moyens financiers mobilisés par les bailleurs de fonds bi et multilatéraux autour d’un vaste appui multi-structurel.

Fin 2010, l’évaluation de ce PACAM a souligné la pertinence du Plan à différents niveaux et a mis en exergue la qualité du traitement de l’information en période électorale tout en rappelant l’impact de la Synergie des médias, pour une couverture apaisée des journées électorales.

Partant de ce succès – souligné entre autres par le rapport d’observation de l’UE – et sous la houlette du Coordinateur du PACAM, il a été rapidement proposé aux médias  burundais, aux organisations professionnelles, aux opérateurs et aux bailleurs de fonds de réfléchir au développement d’un PACAM 2, mis en œuvre en dehors d’une période électorale.

Si l’idée a séduit fortement les bailleurs de fonds concentrant désormais leur appui dans un seul basket fund, elle a crispé les médias locaux ne bénéficiant plus de leur accès privilégiés auprès des ambassades et autres bailleurs traditionnels. En 2013, le PACAM 2 est en cours d’exécution ciblant la régulation des médias, la viabilité économique du secteur, la formation professionnelle à travers le développement du Centre de Formation des Médias (CFM) et la production de contenus.

Aux côtés de certains bailleurs bilatéraux traditionnels, l’Union européenne s’est fortement investie au sein de la Maison de la presse, contribuant à faire de cette structure un repère professionnel dans le secteur et soutenant fortement la nécessaire formation continue des managers, des journalistes et techniciens à travers les activités du CFM.

LE DEVELOPPEMENT DU CENTRE DES FORMATIONS DES MEDIAS (CFM)

Dans la phase post-conflit, le  secteur de la presse a été considéré par l’ensemble des partenaires de développement  comme un secteur clé. A ce titre, de nombreuses actions en sa faveur ont été menées  par différents intervenants

Malgré cette importante mobilisation des bailleurs et des opérateurs, force est de constater que les appuis se sont souvent  réalisés de manière quelque peu désordonnée entre les différents intervenants, malgré les efforts remarqués depuis 2008 en vue d’organiser la concertation   et d’optimiser les moyens et les actions mis en œuvre en faveur du secteur de la presse.

Le Projet d’Assistance Technique à la Maison de la Presse, initié par le Projet Arcane grâce à un financement de l’Union Européenne,   constitue indubitablement l’un des résultats de cette plus grande concertation. En conformité avec son objectif spécifique de  renforcer les capacités opérationnelles et décisionnelles des acteurs non étatique burundais, cette assistance technique a ciblé la Maison de la Presse, considérée comme structure fédérative de l’ensemble des organisations chargées d’encadrer le secteur de la presse (OPM).

En août 2009, sur base d’un appel à projet, l’Institut Panos Paris a été identifié pour être l’opérateur de cette assistance technique destinée à structurer et à renforcer le paysage médiatique burundais en développant trois principales activités :

1.         La réalisation d’une base des données recensant l’ensemble des professionnels des médias ainsi que les organes de presse burundais. Cet outil est indispensable pour organiser toute initiative d’appui à la presse et assurer une bonne traçabilité des médias et un appui ciblé à leurs ressources humaines.

2.         La création du Centre de Formation des Médias (CFM), structure de formation continue pour les journalistes burundais.

3.         La rédaction de deux études destinées à apporter des esquisses de solutions à deux problèmes majeurs de la presse burundaise : la capacité de gérer une entreprise de presse  et  la faiblesse structurelle de la presse écrite.

La mise en œuvre de ces activités, réellement novatrices et combinées à un accompagnement continu à la Maison de la Presse, a permis de renforcer de manière significative son rôle fédérateur et son positionnement comme interlocuteur incontournable du Gouvernement, ainsi que des divers partenaires et opérateurs soucieux de s’investir aux côtés des médias burundais. Fin 2010, au terme de ce projet et tenant compte  de son succès, l’Ambassade de France à Bujumbura a souhaité apporter son appui en accordant les financements nécessaires à la mise en œuvre d’une troisième vague de formation, entre janvier et juin 2011.

Dans la continuité de ces deux premières étapes, l’IPP a relayé et traduit les échos du secteur plus que jamais en demande d’une structure de formation locale qui, de façon continue, puisse apporter une offre de formation à son personnel.

Les recommandations formulées lors des Etats Généraux de la Communication et des Médias (EGCM) tenus à Gitega les 4 et 5 mars 2011 ont elles aussi souligné la pertinence de soutenir le développement du CFM, et par extension celui de la Maison de la Presse, en tant que point focal des activités de formations en matière de presse et de communication.

Sensible à ces recommandations et inscrivant son appui dans le cadre du PACAM2, l’Union européenne (via le projet OSCAR) a décidé d’octroyer une subvention de 400 000 euros à Panos Paris afin qu’il poursuive 4 cycles de formations techniques, journalistiques et managériales en 2012 et 2013.

L’offre de formation proposée par Panos Paris en concertation étroite avec la Maison de la Presse et les responsables des médias aussi bien publics que privés repose sur les principes suivants :

       Améliorer la connaissance des droits et des devoirs du journaliste ;

       Confronter de manière permanente son travail journalistique aux règles de déontologie ;

       Adapter le secteur de la presse aux évolutions globales que connaissent les médias ;

       Combiner un apprentissage professionnel associant les connaissances théoriques et la mise en œuvre pratique. 

Cette approche méthodologique affinée, et tirant les leçons des évaluations antérieures a débouché sur la définition d’un programme de formation adapté aux trois publics cibles par le projet et visant les résultats suivants :

       80 Journalistes formés au terme d’un programme de formation de 300 heures ;

       80 Techniciens formés au terme d’un programme de formation de 65 heures ;

       10 Patrons de presse formés au terme d’un programme de formation de 160 heures ; 

Dans la perspective de pérennisation du CFM, il est prévu que le projet apporte une assistance méthodologique et technique continue au Directeur des études du CFM afin qu’il assure une supervision efficace du programme et qu’il en assure son développement en étroite collaboration avec le secteur. 

2. RAPPEL DES OBJECTIFS SPECIFIQUES ET DES RESULTATS DU PROJET

Deux résultats sont attendus par rapport aux objectifs spécifiques :

·      Objectif spécifique1 : Développer les compétences professionnelles des journalistes et techniciens burundais de la presse écrite, radiophonique, télévisuelle et multimédia pour favoriser la circulation d’une information régulière, complète, rigoureuse et utile au citoyen.

4 Résultat attendu : Leurs compétences renforcées, les journalistes et les techniciens de la  presse burundaise produisent un contenu médiatique  sur des supports attractifs.

·      Objectif spécifique2:Renforcer les capacités de gestion de la Maison de la presse afin qu’elle puisse garantir à l’avenir une offre de formation continue aux professionnelle des médias burundais.

4Résultat attendu : En sa qualité de structure faîtière, la Maison de la Presse pérennise son offre et son expertise de formation à l’attention du secteur.

3. OBJECTIFS SPECIFIQUES DE L’ETUDE

A mi-parcours de cette 3ème phase du CFM, le constat suivant est établi :

            Le secteur des médias estime que la 4ème session de formation (2ème semestre 2013) ne répond plus à ses besoins prioritaires et souhaite une réorientation du programme.

            Le processus de pérennisation, entamé en 2012 lors d’une consultance de Michel Leroy[2], doit être poursuivi et renforcé en 2013 afin de maximiser les chances du CFM d’être autonome et ainsi de poursuivre  ses activités, de manière plus indépendante et en diversifiant l’origine des financements.

Compte tenu de ces constats, l’Union européenne se montre favorable à l’idée de modifier le projet en autorisant Panos Paris, la Maison de la Presse et le CFM d’annuler le 4ème cycle de formation au profit d’une réorientation allant dans le sens de la pérennisation.

 

Dans ce contexte, la consultance aura donc pour objectifs de :

            Finaliser le processus de reconnaissance du CFM (procédure d’agrément auprès d’un ou plusieurs Ministères), en tant que structure de formation reconnue par les autorités burundaises ;

            A partir d’un diagnostic national et sous régional, situer l’action actuelle du CFM dans le paysage des instituts et écoles de  formation pour le personnel des médias;

            Situer le meilleur positionnement pour la pérennisation du CFM (projet de la MPB ? Structure indépendante de la MPB ? Si projet de la MPB, quelles bases de relation? );

            Identifier les pistes de pérennisation et de partenariats pour le CFM ; y compris établir un plan d’affaires 2014-2019;

            Identifier une liste de matériel nécessaire à acquérir  en tant que structure de formation

            Identifier une stratégie de communication.

4.       RESULTATS ATTENDUS

Le rapport devra :

          Situer le CFM au niveau institutionnel (agrément avec quel(s) Ministère(s)) et dans le paysage national et régional des instituts de formation national et sous-régional en proposant d’éventuels accords ou mémoire d’entente avec ces instituts;

          Proposer une définition sur le futur statut du CFM

          Proposer à l’équipe du CFM les recommandations nécessaires dans le cadre du processus de pérennisation de la structure (feuille de route générale et plan d’affaires);

          Etablir un plan de communication.

Il sera remis le 31 juillet 2013. 

5. Durée de l’étude

Le programme de consultance ne pourra excéder 25 jours de prestation et comprendra 4 étapes :

. Travail de documentation préalable à la mission 

. Mission de terrain

          Visite des instituts de formation à Bukavu (Maison de la presse) et à Kigali (Great Lakes Media Center);

          Visite des partenaires potentiels au Burundi  (le Ministère en charge de l’information et de la communication, le Conseil National de la communication, les responsables des médias aussi bien publics que privés, le Master en journaliste complémentaire de l’Université du Burundi, les universités privées, les organisations internationales intéressées par les médias, les agences de coopération, etc..);

          Finalisation du processus de reconnaissance du CFM auprès des autorités burundaises (préparation du dossier d’agrément du CFM);

          Définition des pistes concernant le statut et la pérennisation du CFM avec l’équipe du CFM.

. Rédaction du Rapport

. Suivi post-mission , permettant au CFM de rester en contact avec l’expert à propos de la mise en œuvre de la stratégie de communication et du plan d’affaires.

6.  Soumission des offres

Le ou les consultant(e)s fera (ont) une proposition technique et une proposition financière en un seul document.La proposition technique comprendra :

            Une note méthodologique (3 pages au maximum) où le ou les consultant(e)s présentent leur compréhension des TDR et la méthodologie  qu’ils comptent mettre en œuvre pour atteindre les objectifs fixés et les résultats attendus. Cette note sera partie intégrante du marché proposé ;

            Une proposition financière ;

            Une présentation des expériences acquises dans un domaine d’intervention similaire

            Le ou les CV du ou des consultants affectés à la mission.

7.  Critères de sélection

La sélection du ou des consultant(e)s se fera selon les critères ci-après :

                                Expérience et référence du ou des consultant(e)s ;

                                La méthodologie de mise en œuvre ;

                                Le coût de la prestation ;

                                La disponibilité rapide. 

8.  Remise des offres

Les offres seront adressées  pour le 24 mai  2013 et par voie électronique à

       Pierre Martinot – Responsable de programmes Afrique centrale – pierre.martinot@panosparis.org

       Cyprien Ndikumnana – Coordonnateur de Projets au Burundicyprien.ndikumana@panosparis.org  

9. CONTACTS

INSTITUT PANOS PARIS                                            INSTITUT PANOS PARIS au Burundi

Pierre Martinot                                                   Cyprien Ndikumana

pierre.martinot@panosparis.org                     cyprien.ndikumana@panosparis.org            

 

 

 

                                                                                                                            

                          


[1] J.C. Fyon,  « La viabilité économique des médias au Burundi », étude de l’Institut Panos Paris, 2007

La consultance de Michel Leroy a été réalisée du 3 au 6 juillet 2012 dans le cadre du Projet CFM. Le « Rapport de coaching du directeur du CFM » est disponible auprès de l’Institut Panos Paris.

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Les cours reprennent au CFM dès la semaine prochaine.

Il s’agit des formations sur les thèmes  dominant l’actualité burundaise  mais exigent une analyse et une recherche approfondies. Il a été constaté que les médias n’ont pas assez de temps et de personnel pour se consacrer aux dossiers plus techniques. Les thèmes retenus sont en rapport avec les problèmes fonciers, l’environnement, la politique, l’éducation, l’économie et la liberté de la presse. Ces formations s’étendront sur toute la semaine du 13 au 17 mai 2013. Les experts recrutés pour animer ces séances  sont issus de la société civile et des milieux universitaires.

Publié dans CFM